Programme
Desolatione desolata est terra, 1re méditation pour le Carême, H. 380
Troisième Leçon de ténèbres du Mercredi saint, H.123
Tristis est anima mea, 3e méditation pour le Carême, H. 382
Troisième Leçon de ténèbres du Vendredi saint, H. 125
Sola vivebat in antris, 9e méditation pour le Carême. Magdalena lugens, H. 388
Jerusalem, convertere ad Dominum, tiré de la troisième leçon du Vendredi saint, H. 137
Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)
Les Leçons de Ténèbres et Méditations pour le Carême de Marc-Antoine Charpentier sont mises à l'honneur dans ce programme, à l'occasion du récital de fin d'études de Darío Jara Novoa, Chantre à la Maîtrise du Centre de musique baroque de Versailles.
Entre 1690 et 1695, Marc-Antoine Charpentier mettait à nouveau en musique les Offices de Ténèbres chez les Jésuites et il pensa à son collaborateur M. Beaupuy pour lui faire chanter trois troisièmes leçons de ténèbres pour une basse-taille avec deux flûtes [ou hautbois et flûte], deux dessus de violons et basse continue.
Les textes du livre des Lamentations de Jérémie contrastent avec les tonalités choisies par Marc-Antoine dans ces trois leçons ; lui, qui s’en sert toujours pour illustrer clairement les affects du texte, écrit cette fois en sol majeur la musique pour un des livres les plus sombres de la Bible.
Après cette période, il écrit douze méditations pour le Carême où il montre un choix complètement différent ; des tonalités mineures, des dissonances et chromatismes qui nous procurent des affects totalement opposés à ceux des Leçons. Ce paradoxe est la question centrale de ce projet de fin d’études où on pourrait penser les temps de Pâques comme un don pour lequel il faut se réjouir ou comme un événement qui nous invite à l’introspection face au sacrifice qui fonde la foi chrétienne.
Nous trouverons dans le programme ces deux niveaux imaginaires : des leçons de ténèbres alternées avec des méditations pour le tempus paschale, en essayant, peut-être, d’effacer cette dichotomie dans les ténèbres.